Road trip dans le nord-ouest de l’Espagne
avec nos chiens

6 jours, 4 régions traversées, des kilomètres de côte sauvage avec deux chiens

Cette fois, on avait envie de prendre la route et de voir du pays avec une idée en tête : descendre la côte nord-ouest de l’Espagne jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle, en prenant le temps de découvrir les paysages et les petits coins qui nous faisaient envie.

Nous sommes donc partis tous les quatre : Jérôme, Coco, Sultan et moi, avec la Peugeot 2008 chargée à bloc. Et quand je dis chargée… il fallait réussir à faire rentrer les affaires de deux humains, deux chiens, une tente, du matériel de camping et tout le nécessaire pour six jours. Autant dire que chaque centimètre carré de la voiture avait son utilité !

Pendant 6 jours et 5 nuits, nous avons traversé la Cantabrie, les Asturies et la Galice, avant de terminer notre voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle.

L’idée était de changer de décor presque tous les jours et de dormir dans des campings différents. Une vraie petite aventure itinérante… avec deux chiens comme copilotes.

Au programme : les Picos de Europa, les villages de pêcheurs des Asturies, les falaises et plages de Galice, les miradors, les petits ports et quelques belles découvertes en chemin, avant de terminer notre voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Allez, je vous emmène sur la route 🐾🇪🇸

Jour 1 – De Madiran aux portes des Picos de Europa


Départ de Madiran à 8h, direction les Picos de Europa.
Pour cette première journée, nous avons prévu une grosse étape de route avec quelques arrêts pour couper le trajet et commencer doucement à découvrir le nord de l’Espagne.

Laredo, première pause sur la côte

Après quelques heures de route, nous faisons notre première halte à Laredo. Petite balade sur le port pour se dégourdir les jambes, puis direction la vieille ville pour déjeuner. Laredo est une importante station balnéaire de Cantabrie, connue notamment pour La Salvé, son immense plage de sable qui s’étire sur près de 5 kilomètres. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est surtout de découvrir un peu son vieux centre, la Puebla Vieja.

Nous nous arrêtons au restaurant La Parra, et c’est une très bonne surprise. Les tapas sont délicieuses et la patronne est adorable et forcément, avec deux bodegueros qui débarquent dans son restaurant, la conversation finit rapidement par tourner autour des chiens !
Elle aussi a un bodeguero, qui s’appelle Roy. Coco et Sultan lui ressemblent tellement que plusieurs personnes nous ont demandé si c’était lui. Une première rencontre plutôt amusante… et qui nous a bien rappelé que nos deux petits Espagnols attirent facilement l’attention lorsqu’on voyage dans ce pays.

Après le déjeuner, nous nous enfonçons dans la vieille ville, cette partie historique de la ville remonte au Moyen Âge et conserve encore des vestiges de ses anciennes murailles, des petites ruelles et l’église Santa María de la Asunción, de style gothique.
Tout en haut se trouve le Mirador de la Abra, nous avions prévu de passer par le petit tunnel piéton pour rejoindre le point de vue, mais celui-ci était malheureusement en travaux, pas grave : nous avons pris les escaliers à la place. Et finalement, nous n’avons pas regretté ! La montée est agréable et nous découvrons pour la première fois la côte espagnole de ce côté-là, avec une très belle vue sur la mer.

Petit moment de panique tout de même lorsque nous décidons de faire un petit détour pour aller voir un autre point de vue. Sultan, lui, ne semble pas avoir reçu l’information et continue tranquillement son chemin. Nous nous retournons… plus de Sultan. Il avait continué tout droit sur le chemin pendant un bon moment. Jérôme est donc parti à sa rencontre, pendant que je suis restée à l’arrière avec Coco. Sultan avait déjà bien avancé et, lorsqu’il s’est enfin rendu compte que nous n’étions plus derrière lui, il a fait demi-tour. Il nous a retrouvés un peu plus loin, visiblement pas très fier de son escapade et surtout bien content de nous revoir !

Allez, on reprend la route !

Potes, première immersion dans les montagnes

Nous reprenons la route direction Potes, et rien que le trajet pour rejoindre la ville est magnifique. Peu à peu, nous quittons la côte pour entrer dans les montagnes et les paysages des Picos de Europa.

Potes est l’un des villages incontournables de la Cantabrie. Situé au cœur de la vallée de Liébana, entre montagnes, rivières et torrents, son centre historique est classé comme bien d’intérêt culturel. La célèbre Torre del Infantado, imposante tour du XVe siècle, domine le village. Nous nous baladons tranquillement dans les petites rues du centre, entre vieux pavés, passages voûtés, maisons anciennes et ponts en pierre. C’est vraiment très joli.

Le Routard résume assez bien l’endroit : Potes peut être très fréquentée en été, mais son patrimoine préservé lui donne beaucoup de charme et en fait un excellent point de départ pour découvrir les Picos de Europa côté cantabrique.

Petit arrêt gourmand à la Panadería Gallofa & Co avant de repartir : parce qu’après tout ça, il fallait bien reprendre quelques forces !

⛺ Notre premier camping : Camping La Viorna – Potes

Le camping est vraiment très beau et bénéficie d’un cadre superbe, avec une jolie vue sur les montagnes. Pour cette première nuit, nous avons réservé en avance un emplacement pour notre tente.

Et là… avis un peu mitigé.
Le camping était complet, et les emplacements tentes sont vraiment petits et très proches les uns des autres, sans séparation. Ils sont installés sur une petite bande d’herbe surélevée, à environ 1,50 m, à laquelle on accède par un petit escalier en pierre. Avec deux chiens, ce n’est pas franchement l’idéal. Pour sortir de l’emplacement, il faut redescendre l’escalier, puis le remonter pour revenir. Coco et Sultan ont rapidement compris qu’ils pouvaient aussi essayer de sauter pour rejoindre l’emplacement… mais ce n’était pas forcément l’option la plus pratique ! Heureusement, nous avons eu de la chance : nos deux voisins n’étaient pas présents ce soir-là. Nous avions donc finalement l’impression d’avoir un peu plus d’espace et surtout davantage de tranquillité.

Pour le reste, le camping est très agréable. Les sanitaires et les douches sont très propres, bien entretenus et pratiques. Il y a également un petit restaurant sur place, où nous avons pu prendre un café le lendemain matin.
Autre bon point pour nous : la prise électrique était juste à côté de notre emplacement, ce qui n’est pas toujours le cas sur les campings où nous avons dormi pendant ce road trip.

En résumé : un très joli camping, avec un cadre superbe, mais des emplacements très serrés les uns contre les autres, aussi bien pour les tentes que pour les camping-cars. Avec deux chiens, ce n’était donc pas forcément l’emplacement le plus pratique que nous ayons eu pendant le road trip.

📍 Emplacement : tente, voiture garée en contrebas du muret
🚿 Sanitaires et douches : très bien entretenus, nombreux et pratiques
⚡ Électricité : entre chaque emplacement
🐶 Chiens : OK sans supplément
🍽️ Sur place : piscine, restaurant et petite épicerie
💶 Tarifs : emplacement tente 6,30 € / 2 adultes 12,60 € / électricité 5 € / voiture 6,30 € – Total : 30,20 € pour une nuit

Jour 2 – Des Picos de Europa à la côte asturienne


Après une première journée entre Cantabrie et Picos de Europa, nous avions prévu de commencer cette deuxième journée par une expérience qui nous faisait particulièrement envie : monter au sommet des Picos de Europa avec le téléphérique de Fuente Dé.
Billets réservés à l’avance, itinéraire préparé… bref, tout était prêt !

Fuente Dé : la grosse déception du voyage

Nous avions réservé nos billets en ligne à l’avance : 60 € pour deux adultes et 20 € pour les chiens, soit 80 € au total pour la montée et la descente … aïe mais bon l’expérience en valait le prix … normalement !
Le téléphérique de Fuente Dé permet de prendre rapidement de la hauteur et d’accéder aux paysages de haute montagne des Picos de Europa. Rien que la montée promettait donc d’être magnifique. Et effectivement, depuis le bas, la vue était superbe. Il faisait beau, les montagnes étaient dégagées… nous étions clairement impatients de monter et là, une dame nous demande : « Est-ce que vous avez une cage pour vos chiens ? » Euh… non.
Nous n’avions évidemment pas prévu de nous promener avec deux cages dans les Picos de Europa ! Et c’est là que nous apprenons que, pour monter avec nos chiens, il faut obligatoirement qu’ils soient transportés dans une cage. Grosse déconvenue.

Surtout que nous avions réservé nos billets en ligne et que, de notre côté, nous n’avions absolument pas compris qu’une cage était nécessaire. Nous avions donc payé à l’avance, préparé notre journée et nous nous retrouvions finalement… en bas du téléphérique. J’ai forcément fait remarquer que cette information aurait mérité d’être affichée beaucoup plus clairement au moment de la réservation. Parce que franchement, accepter les chiens sur le principe, mais demander ensuite aux propriétaires d’arriver avec leur propre cage, c’est une sacrée surprise !

Et puis, même au-delà de notre cas, je trouve la règle assez peu pratique : si vous montez pour faire une randonnée dans les Picos, vous êtes censés faire quoi de la cage une fois arrivés en haut ? La porter pendant toute la balade ?

Nous avons donc eu beau essayer de trouver une solution : impossible de monter. Et évidemment, pas de remboursement de nos billets.

Autant vous dire que nous étions particulièrement déçus. Surtout que le temps était magnifique et que nous avions vraiment envie de découvrir les paysages depuis là-haut. Nous nous sommes donc contentés de profiter un peu du panorama depuis le bas du téléphérique… avec un petit goût de frustration.

Je ne peux donc PAS vous recommander de faire cette activité avec votre chien, je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ils ne sont pas interdits dès le départ.

Dernier petit tour dans les Picos : Mongrovejo

Bon… puisqu’il fallait bien continuer la journée, nous avons repris la route et fait un petit détour par Mongrovejo. Ce tout petit village de montagne, classé parmi « Les plus beaux villages de Cantabrie » est installé au cœur des Picos de Europa, dans un décor vraiment superbe. Ici, pas besoin de programme compliqué : quelques ruelles, de vieilles maisons en pierre, les montagnes tout autour… et on profite simplement du cadre. Une jolie dernière halte avant de quitter les Picos de Europa et de redescendre progressivement vers la côte.

Premier arrêt dans les Asturies : Llanes

Il est ensuite temps de dire au revoir à la Cantabrie : nous passons la frontière avec les Asturies.
Nous avions prévu de nous arrêter déjeuner à Llanes, mais comme nous avions finalement un peu d’avance sur notre programme, nous décidons d’y faire simplement un petit arrêt.
Llanes est une jolie ville côtière, ancienne cité portuaire et autrefois port de pêche et de chasse à la baleine. Son centre historique conserve des remparts, de belles demeures et plusieurs monuments, tandis que le port et les promenades en bord de mer donnent vraiment à la ville son ambiance asturienne. Nous faisons donc un petit tour dans la ville, mais sans vraiment nous attarder. Il commence à pleuvilloter en redescendant vers la côte et, après la déconvenue de Fuente Dé, nous n’avons pas spécialement envie de nous lancer dans une grande visite.

Alors, direction notre prochaine étape : le Mirador del Fitu.

Pique-nique avec vue au Mirador del Fitu

Changement d’ambiance, le soleil est revenu et nous arrivons au Mirador del Fitu, l’un des points de vue les plus connus des Asturies. Le belvédère offre, par temps dégagé, une vue assez incroyable sur les Picos de Europa d’un côté et la mer Cantabrique de l’autre.

Nous décidons de nous installer pour pique-niquer. Et franchement, difficile de rêver meilleur endroit pour sortir les chips et le saucisson !
Nous mangeons tranquillement avec les chiens, au milieu des chevaux en liberté, avec les montagnes en toile de fond. Le soleil est revenu, la vue est magnifique et, après notre matinée un peu contrariée, ça fait franchement du bien. On profite du moment, on prend quelques photos et on savoure notre petit pique-nique avec vue. Finalement, cette étape imprévue nous réconcilie un peu avec la journée.

Le Cabo Peñas

Nous reprenons ensuite la route vers le Faro de Cabo Peñas.
Le Cabo Peñas est le point le plus septentrional des Asturies. Le site est classé paysage protégé et se caractérise par ses impressionnantes falaises qui plongent vers la mer Cantabrique. Le phare, construit en 1852, est l’un des éléments emblématiques du site.

Après les montagnes des Picos de Europa le matin, nous voilà donc face à une tout autre ambiance : les falaises, le vent et la mer à perte de vue. C’est aussi ça que nous aimons dans ce road trip : en quelques heures, les paysages changent complètement.

⛺ Notre deuxième camping : Camping L’Amuravela – Cudillero

Nous terminons la journée au Camping L’Amuravela, sur les hauteurs de Cudillero. Nous n’avions pas réservé ce camping à l’avance et, cette fois, nous décidons d’y arriver assez tôt, vers 18 h, histoire d’être tranquilles pour trouver un emplacement.

Et franchement… quelle bonne surprise !
Le camping est grand et nous avons la chance d’avoir un super emplacement, bien herbeux et surtout avec personne de chaque côté. Après notre emplacement très serré de la veille, autant vous dire que nous apprécions ! Le cadre est également très sympa. Juste derrière le camping, nous apercevons des vaches dans les prés et ça, forcément, Jérôme valide immédiatement !

Nous avons également les sanitaires et les douches à proximité, sans pour autant avoir l’impression d’être collés dessus. Tout est pratique, mais notre emplacement reste agréable et tranquille. Seul petit bémol : nous avions une prise électrique juste à côté de l’emplacement, mais ce sont des prises prévues pour les camping-cars et les vans. Nous n’avions donc pas le bon adaptateur pour nous brancher. Mais honnêtement, après la journée que nous venions de passer, ce n’est pas bien grave.

Nous étions tellement bien installés que nous avons finalement abandonné l’idée d’aller dîner à Cudillero ce soir-là. Nous avions prévu de découvrir le village en fin de journée, mais une fois posés sur notre emplacement, avec les chiens tranquilles, le soleil et notre petit coin d’herbe… on s’est dit : « On ira demain. » Et nous avons simplement terminé la journée avec un petit pique-nique au camping. Après la déception de Fuente Dé, cette soirée tranquille nous a fait le plus grand bien. Et surtout, après seulement deux nuits de camping, nous avions déjà notre petit favori du road trip.

📍 Emplacement : tente, grand emplacement herbeux
🚿 Sanitaires et douches : à proximité, propres et pratiques
⚡ Électricité : prise à côté de l’emplacement, /!\ uniquement avec adaptateur CETAC (avec prise femelle)
🐶 Chiens : OK avec supplément de 8 € par chien
🍽️ Sur place : piscine, restaurant et petite épicerie
💶 Tarifs : emplacement tente 12.80 € / 2 chiens 16 € / électricité 11.60 € – Total : 40.40 € pour une nuit
💚 Notre avis : un camping où nous nous sommes vraiment sentis bien, et probablement notre préféré du road trip !

Jour 3 – De Cudillero aux premières plages de Galice


Ce matin, nous partons découvrir Cudillero, que nous avions volontairement gardé pour le lendemain. Et finalement, je pense que nous avons bien fait ! Nous arrivons assez tôt et il y a beaucoup moins de monde que ce que nous aurions certainement eu en fin de journée. Bon, en contrepartie, nous avons droit à un ballet de camions qui livrent les restaurants et les commerces… mais au moins, nous pouvons profiter tranquillement du village. Et quelle belle découverte !

Cudillero, le petit port coloré des Asturies

Cudillero est l’un de ces villages asturiens qui donnent immédiatement envie de sortir l’appareil photo. Le village est construit en amphithéâtre autour du port, avec ses maisons colorées accrochées à la pente et ses petites rues qui grimpent dans tous les sens. C’est justement ce qui fait tout son charme : ici, pas vraiment de grandes avenues bien droites. On monte, on descend, on prend un escalier, puis un autre… et régulièrement, on débouche sur un petit point de vue sur le port. La ville possède d’ailleurs plusieurs miradors, notamment La Garita, La Atalaya ou El Pico. L’église San Pedro et la chapelle del Humilladero font également partie des édifices à découvrir.

Mais Cudillero a aussi une petite spécialité qui m’a particulièrement attirée : la céramique noire. Cette poterie traditionnelle, reconnaissable à sa couleur sombre et à son aspect presque métallique lorsqu’elle est bien polie, fait partie du savoir-faire artisanal local. Impossible donc de repartir sans un petit souvenir ! J’ai finalement craqué pour un petit bol en céramique noire. Parce que bon… il fallait bien rapporter quelque chose d’utile de ce road trip !

Nous profitons encore un peu du village, puis nous reprenons la route en direction de la côte.

Le Mirador de Cabo Busto

Notre prochaine étape est le Mirador de Cabo Busto. Le Cabo Busto se trouve sur cette magnifique côte asturienne où les prairies viennent littéralement se terminer au bord des falaises. C’est justement ce contraste entre le vert des terres et le bleu de la mer qui rend cette partie de la côte si belle. Depuis les différents points de vue du secteur, on découvre les falaises et les petites plages sauvages qui se cachent en contrebas. Nous faisons simplement une petite halte pour profiter du panorama avant de poursuivre notre route.

Et petit à petit, nous nous rapprochons de la Galice.

Puerto de Vega : le petit village tranquille… enfin presque

Nous arrivons ensuite à Puerto de Vega, petit port de pêche asturien que nous avions repéré dans notre guide. Le Routard le décrit comme un village tranquille, un peu à l’écart des grands circuits touristiques, avec son joli port et ses maisons colorées. Bref, exactement le genre d’endroit que nous aimons.

Sauf que… nous sommes tombés en plein jour de fête : Las Telayas !
Et pas vraiment le genre de petite fête tranquille avec trois stands et un groupe qui joue de la musique. Il y avait une grande procession avec des géants et des cabezudos, ces grandes figures à têtes démesurées qui défilent dans les rues accompagnées de musique traditionnelle. Le spectacle était plutôt sympa à regarder… jusqu’à ce que commencent les tirs de canon.

Et là, beaucoup moins sympa pour nos deux chiens… deux énormes coups de canon sont tirés au départ, puis d’autres suivent un peu plus tard, Coco et Sultan ont été complètement terrorisés. Heureusement, nous les avions attachés. Mais clairement, il n’était plus question de s’attarder pour déjeuner tranquillement dans le village comme nous l’avions imaginé. Nous avons donc fait demi-tour assez rapidement pour rejoindre la voiture et mettre les chiens à l’abri du bruit. C’est dommage, parce que nous aurions vraiment aimé prendre le temps de découvrir Puerto de Vega. Mais avec deux chiens terrorisés par les détonations, la priorité était évidemment de les rassurer.

La Ruta de las Praias

Nous reprenons donc la route et nous quittons les Asturies et faisons nos premiers kilomètres en Galice. Changement de région, mais pas de décor : la côte reste sauvage, les falaises sont toujours là et les petites plages continuent de se succéder. Notre prochaine étape est justement l’une des plus célèbres de cette côte.

Après l’épisode de Puerto de Vega, nous avons surtout envie de nous poser un peu et comme il commence à se faire tard et que nous avons faim, nous nous arrêtons à la première plage qui nous semble parfaite pour un pique-nique : Praia dos Castros.
Et là… gros coup de cœur ! L’accès est déjà une petite aventure en soi : depuis le parking, il faut descendre un escalier puis passer sous une arche naturelle pour découvrir la plage, et quelle plage ! Un joli tapis de sable clair, des rochers tout autour et une impression d’être arrivés dans un petit coin complètement à l’écart. Nous nous installons à l’ombre des rochers pour pique-niquer. Après les coups de canon de Puerto de Vega, tout le monde reprend doucement ses esprits.

Petit point important si vous voyagez avec votre chien : les plages de cette partie de la côte ne sont pas accessibles aux chiens.
Nous avons malgré tout fait notre pique-nique sur Praia dos Castros, à l’arrière de la plage, contre les rochers, en profitant du fait que la marée n’était pas très haute et que nous ne gênions personne. Mais ce n’est clairement pas quelque chose que je conseillerais de faire sans vérifier la réglementation sur place.

Nous continuons ensuite notre découverte de la Ruta de las Praias, avec Praia As Illas et Praia do Esteiro. Même si nous ne pouvons pas profiter du sable avec les chiens, les paysages sont magnifiques. Ici, ce sont surtout les falaises, les rochers, les petites criques et les points de vue qui valent le détour.

Nous arrivons pour finir à la fameuse Playa de las Catedrales, ou Praia das Catedrais en galicien. Le site est réputé pour ses immenses arches et formations rocheuses sculptées par la mer, qui donnent à la plage son surnom de « cathédrales ». Sauf que… nous sommes arrivés à marée haute, autant vous dire que pour voir les fameuses arches depuis la plage, ce n’était pas franchement le meilleur moment ! Nous profitons malgré tout du panorama depuis les hauteurs et faisons une petite pause pour boire un café. Et finalement, avec les chiens, nous n’aurions de toute façon pas pu descendre sur la plage : l’accès est réglementé et des contrôles sont effectués à l’entrée, nous nous contentons donc du point de vue.

San Martiño de Mondoñedo

Avant de rejoindre notre camping, nous faisons encore un dernier arrêt à San Martiño de Mondoñedo, près de Foz. Et là, très belle surprise.

Cette basilique romane a été construite principalement aux XIe et XIIe siècles sur un édifice beaucoup plus ancien. Elle fut autrefois le siège de l’évêché de Mondoñedo et conserve notamment de très beaux éléments romans, des peintures murales anciennes et un remarquable retable en pierre. Malheureusement pour nous, nous sommes arrivés un lundi et la basilique est justement fermée ce jour-là. Nous ne pourrons donc pas découvrir l’intérieur, mais même depuis l’extérieur, l’édifice est vraiment superbe avec ses murs en pierre, ses puissants contreforts et son architecture romane.

Une petite étape patrimoine qui tombe finalement très bien après toutes ces plages et ces paysages marins, puis direction le camping !

⛺ Notre deuxième camping : Camping San Rafael – Foz

Le propriétaire nous accueille très gentiment et nous laisse même choisir notre emplacement, nous décidons de nous installer tout au bout du camping, sur un grand emplacement bien herbeux et entouré d’arbres. Et surtout : nous avons de la place ! Après les petits emplacements serrés de La Viorna et le superbe emplacement du camping de Cudillero, nous commençons à prendre nos habitudes de campeurs.

Le camping est assez simple, mais très agréable et bien arboré. Les sanitaires et les douches sont eux aussi assez basiques, mais très propres, ce qui est finalement l’essentiel. Nous avons également l’électricité sur l’emplacement. Bon… le boîtier avait deux prises sur trois qui semblaient avoir rendu l’âme, mais nous avons quand même réussi à nous débrouiller avec la prise restante !
Le camping semble aussi avoir une ambiance assez différente des précédents. Il y a beaucoup de personnes qui restent ici sur de longues périodes, voire qui semblent presque y vivre à l’année. On est clairement loin du camping de passage ultra-touristique et cette ambiance plus tranquille nous plaît bien.

Après cette journée bien remplie entre villages, falaises, plages et premiers paysages galiciens, nous nous installons tranquillement pour la soirée.

📍 Emplacement : grand emplacement au calme, au bout du camping
🚿 Sanitaires et douches : simples mais très propres
⚡ Électricité : prise à côté de l’emplacement, mais boîtier avec plusieurs prises hors service
🐶 Chiens : OK sans supplément
🍽️ Sur place : bar, accès plage à 200m
💶 Tarifs : emplacement tente XXL 22.90 € / électricité 5.50 € – Total : 28.40 € pour une nuit
💚 Notre avis : un camping sans chichi, mais avec un très bon accueil, de grands emplacements et une ambiance beaucoup plus locale que touristique.

Jour 4 – La journée de la galère, entre pluie, falaises et panne de batterie


Après trois journées bien remplies, on attaque cette quatrième étape avec un peu moins d’enthousiasme que les précédentes… surtout en regardant la météo. De la pluie est annoncée à partir de 11 heures et jusqu’en milieu d’après-midi. Bon, ce n’est pas idéal, mais on se dit qu’on a quand même une petite fenêtre pour profiter de la Ruta dos Miradoiros, cette fameuse route des belvédères qui traverse certains des paysages les plus spectaculaires de la côte nord de la Galice.

Autant vous dire tout de suite : cette journée ne s’est pas exactement passée comme prévu !

La Ruta dos Miradoiros sous la pluie

Nous quittons donc Foz en direction de la côte d’Ortegal. Sur le papier, le programme est magnifique : des falaises vertigineuses, des petits ports, des panoramas sur l’Atlantique et notamment le Cabo Ortegal, l’un des grands caps de cette côte sauvage. Sauf que… la pluie arrive plus vite que prévu. Et pas la petite bruine qui permet de continuer tranquillement sa balade. Non. Une vraie pluie bien dense, qui nous accompagne sur une bonne partie de la route. Nous arrivons tout de même jusqu’au Cabo Ortegal et à son phare. Le paysage doit être absolument incroyable par beau temps, mais ce jour-là, difficile de vous en parler à partir de ce que nous avons vu : entre la pluie et la brume, on distingue à peine l’océan ! Et pourtant, même avec cette météo, la route est impressionnante. On devine les falaises et les reliefs qui plongent vers la mer et on se dit que, par temps dégagé, les panoramas doivent être complètement dingues.

La région est notamment connue pour les immenses falaises du secteur de Vixía Herbeira, qui dépassent les 600 mètres au-dessus de l’Atlantique. Autant dire qu’on aurait aimé voir ça autrement qu’à travers un rideau de pluie !

San Andrés de Teixido : joli village… et encore des coups de canon !

Nous poursuivons ensuite jusqu’à San Andrés de Teixido, petit village accroché à la montagne et dominant l’Atlantique. Le lieu est particulièrement célèbre en Galice pour son sanctuaire, mais aussi pour son paysage spectaculaire. Le petit village, ses maisons en pierre et son sanctuaire en granit ont vraiment beaucoup de charme.

La pluie s’est légèrement calmée lorsque nous arrivons. On se dit donc que, cette fois, nous allons peut-être pouvoir profiter un peu de la visite. Et puis… nous comprenons rapidement que nous sommes encore une fois tombés en plein milieu des fêtes locales ! Comme à Puerto de Vega la veille, une procession est organisée et, à son terme, plusieurs énormes coups de canon retentissent. Sauf que nos chiens n’ont absolument pas apprécié le spectacle. Heureusement, cette fois encore, ils étaient attachés avec nous. Mais Coco et Sultan sont complètement terrorisés par les détonations. Impossible de profiter tranquillement de la fête ou du village : notre priorité devient rapidement de les mettre à l’abri et de les rassurer. Décidément, entre les fêtes espagnoles et leurs traditions bien sonores, nos chiens auront découvert une facette de l’Espagne qu’ils auraient volontiers évitée !

Avant de repartir, je prends quand même le temps de m’arrêter dans une petite boutique pour rapporter un souvenir typique de San Andrés de Teixido et là, je découvre les sanandresiños. Ce sont de toutes petites figurines fabriquées traditionnellement à partir de mie de pain, modelées à la main puis cuites et peintes. Elles prennent différentes formes et chacune possède sa propre signification : la fleur pour l’amour, la barque pour les voyages, la main pour les études, l’escalier pour le travail, le saint pour la santé et l’amitié, la couronne pour la protection, la colombe pour la paix ou encore le poisson pour l’alimentation. Ces petits amulettes sont une véritable tradition artisanale de San Andrés de Teixido et sont censées apporter chance et protection à celui qui les possède. Je décide de prendre les 8 amulettes, après une journée pareille, on ne va pas refuser quelques porte-bonheur supplémentaires ! Et puis, soyons honnêtes, vu la météo et l’état de nos chiens, on aurait bien pris un peu de chance en supplément.

La pointe du Conguel

L’après-midi, nous prenons la direction de la pointe du Conguel. Une petite boucle d’environ deux kilomètres permet de faire le tour de cette pointe rocheuse en longeant le sentier côtier. La balade est facile, accessible et offre de superbes panoramas sur l’océan, avec une vue dégagée vers Belle-Île et Houat. Le vent est toujours aussi glacial, mais les paysages sont tellement beaux qu’on en oublierait presque le froid.

Port Haliguen et la pointe de Kerpenhir

Avant de rentrer au gîte, nous faisons encore quelques arrêts le long de la côte.

Nous passons par Port Haliguen, où nous prenons le temps d’admirer le port de plaisance et son ambiance paisible.

Puis nous poursuivons jusqu’à la pointe de Kerpenhir, à l’entrée du golfe du Morbihan. Face à nous, l’océan, les courants qui traversent la passe et un panorama magnifique pour terminer cette journée.

Une dernière balade au grand air avant de retrouver le confort du gîte. En rentrant, nous gardons tout de même un œil attentif sur Sultan. Malgré son nouveau manteau bien chaud, il n’a toujours pas retrouvé son énergie habituelle. Nous sommes le 1er janvier et, comme vous pouvez l’imaginer, difficile de trouver un vétérinaire ouvert ce jour-là. Nous décidons donc de le surveiller de près, en espérant qu’une bonne nuit de repos lui permettra de reprendre des forces.

Jour 5 – Quand les vacances prennent une tournure inattendue


Il y a des journées que l’on imagine d’une certaine façon… et qui finissent par être complètement différentes. Cette avant-dernière journée en Bretagne en fait partie.

La nuit a été compliquée. Sultan est de nouveau très malade et, dès l’ouverture, j’appelle la Clinique vétérinaire du Loch à Auray pour obtenir un rendez-vous en urgence. Heureusement, ils peuvent nous recevoir en début d’après-midi.
À la base, cette journée devait être tout autre … Jérôme m’avait offert pour Noël un magnifique cadeau : une heure de de massage à Vannes. Pendant que je profitais de ce moment de détente, il devait se promener dans la ville avec Coco et Sultan, avant que nous découvrions Vannes tous les trois. Mais avec l’état de Sultan, impossible d’envisager une grande balade. Nous décidons donc de modifier le programme. Jérôme reste tranquillement au gîte avec les chiens pendant que je pars profiter de mon soin.

Une parenthèse de douceur

Je profite d’une heure de pur bonheur à Balnéo Forme, mon bon cadeau était pour l’Instant Zen qui comprend un soin du visage et un soin du corps. Un vrai moment de détente qui fait énormément de bien… même si, je l’avoue, j’ai gardé pendant tout le soin une pensée pour ma petite famille restée au gîte et surtout pour Sultan. Difficile de profiter pleinement lorsqu’on sait qu’un de ses compagnons à quatre pattes n’est pas en grande forme.

Direction le vétérinaire

Après un déjeuner rapide, nous prenons la route vers la clinique vétérinaire. Bien sûr, Coco fait aussi partie du voyage. Hors de question de la laisser seule au gîte.

Nous sommes accueillis avec beaucoup de gentillesse et le vétérinaire prend rapidement Sultan en charge. Après l’examen clinique, il réalise une échographie afin de vérifier qu’il n’a pas avalé un corps étranger. Heureusement, tout est normal.
Le diagnostic est même plutôt rassurant : Sultan souffrirait simplement d’une grosse irritation digestive, probablement liée à quelque chose qu’il avait mangé avant notre départ. Entre le voyage, le changement d’environnement et le froid breton, son estomac n’a visiblement pas apprécié.
Le vétérinaire nous conseille de poursuivre le traitement au Phosphaluvet, que nous avions déjà commencé sur les conseils d’une amie auxiliaire vétérinaire. Nous repartons soulagés. Rien de grave, juste beaucoup de repos à prévoir.

Les mégalithes de Locmariaquer

Nous avions prévu de partir découvrir l’Île-aux-Moines dont l’accès se fait en bateau et sur place une randonnée… évidemment, ce sera pour une prochaine fois. Les vacances avec un chien, c’est aussi savoir revoir ses plans quand il en a besoin.

Nous choisissons donc une visite plus calme, tout près de notre hébergement : le site des mégalithes de Locmariaquer.
Les chiens n’étant pas autorisés sur le site, nous les laissons se reposer tranquillement dans la voiture. Il fait froid, un petit soleil d’hiver réchauffe légèrement l’air, et ils sont installés confortablement pour cette courte visite.

Le site est véritablement impressionnant. On y découvre notamment le Grand Menhir Brisé, un bloc de près de 20 mètres de haut qui, avant de se fracturer, était considéré comme le plus grand menhir dressé connu au monde. À quelques pas se trouve la Table des Marchands, un remarquable dolmen dont les gravures sont encore parfaitement visibles plusieurs milliers d’années après leur réalisation. La visite se poursuit jusqu’au tumulus d’Er Grah, immense monument funéraire datant du Néolithique. Ce qui frappe le plus, c’est de réaliser que ces constructions ont été édifiées il y a plus de 6 000 ans. En imaginant les moyens dont disposaient les hommes de l’époque, on ne peut qu’être admiratif devant un tel exploit.

Quelques souvenirs avant le départ

Avant de rentrer au gîte, nous faisons un dernier tour dans les boutiques. Impossible de repartir de Bretagne sans quelques souvenirs ! Nous craquons notamment pour les célèbres bols bretons personnalisés, ainsi que pour quelques petits cadeaux à rapporter à la famille.

Nous retrouvons ensuite notre gîte pour notre dernière soirée bretonne.
Les valises commencent doucement à se remplir, Sultan semble déjà aller un peu mieux, et nous profitons simplement de cette dernière soirée tous les quatre, heureux d’avoir su nous adapter malgré les imprévus.

Parce qu’au fond, voyager avec un chien, c’est aussi ça : accepter que le programme puisse changer… et se dire que les plus beaux souvenirs ne sont pas toujours ceux que l’on avait prévus.

Jour 6 – Il est déjà temps de rentrer…


Ce matin, il est déjà temps de quitter notre petit cocon breton. Ce gîte a été un véritable coup de cœur et on s’y est sentis comme à la maison.

Avant de fermer les valises, une mission nous attend : le grand ménage. Quand on voyage avec des chiens, c’est, selon moi, une règle d’or. Oui, Coco et Sultan ont semé quelques poils pendant la semaine. Mais il est hors de question de laisser un hébergement dans un état qui pourrait décourager un propriétaire d’accueillir d’autres voyageurs avec leurs compagnons à quatre pattes. Alors on aspire, on nettoie, on vérifie chaque pièce… jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul poil.
C’est un petit effort qui prend un peu de temps, mais qui permet de préserver l’accueil des chiens dans les hébergements. Et ça, c’est l’affaire de tous les propriétaires de chiens.

Nous disons ensuite au revoir à notre hôte, avec la ferme intention de revenir un jour en Bretagne.

Une dernière escale entre amis

Avant de reprendre la route vers Madiran, nous faisons un détour par Nantes.
De très bons amis, que je connais depuis l’enfance, y habitent. Nous en profitons pour partager un dernier repas ensemble au restaurant Berlin 1989, une adresse originale qui nous plonge dans l’ambiance du Berlin des années 80, avec une décoration pleine de clins d’œil et de généreuses spécialités allemandes.

Et la meilleure nouvelle de la journée, c’est que Sultan a retrouvé tout son appétit pour réclamer auprès des clients voisins ! Difficile de résister aux odeurs de saucisse et de frites… Il faut reconnaître que c’était quand même plus tentant que ses croquettes.

Retour à la maison

Il est maintenant temps de reprendre la route. Très vite, Jérôme s’endort côté passager. Coco et Sultan l’imitent sans se faire prier, bercés par les kilomètres qui défilent. Moi, je profite une dernière fois de ces longues heures de conduite pour repenser à cette semaine.

Entre les paysages sauvages, les mégalithes, les villages illuminés, les imprévus, les éclats de rire et les moments de stress avec Sultan, ce séjour nous aura rappelé qu’un voyage ne se résume jamais au programme que l’on avait imaginé.

Quelques jours plus tard, de retour à la maison, Sultan retrouve rapidement toute son énergie… et surtout le confort de la cheminée, qu’il apprécie visiblement bien plus que le froid breton !

Une belle semaine en famille qui nous laisse une seule envie… préparer la prochaine escapade.